Comment veiller au bon développement de son chien

Comment veiller au bon développement de son chien ?

 

Les divers contrôles de sélection effectués par les éleveurs visent à éliminer du patrimoine génétique les tares pouvant avoir un caractère héréditaire, certaines étant plus spécifiques à certaines races. Mais une fois que le chiot est né, il ne sera plus possible d’agir sur la génétique. Son bon développement reposera alors sur deux entités principales :

- le développement psychique et comportemental,

- le développement physique.

Nous ne traiterons ici la seconde entité.

 

Un développement physique harmonieux du chiot dépendra principalement de son alimentation ainsi que de divers facteurs annexes, tels que mode de vie, exercice, suivi médical…

 

Pendant la croissance, un apport nutritionnel adapté vise à obtenir la meilleure conformation possible tout en évitant l’apparition de problèmes physiques, tout particulièrement les problèmes orthopédiques plus fréquents chez les races de chiens de taille moyenne et  grande.

 

Les principaux problèmes orthopédiques que l’on cherche actuellement à éviter sont principalement la dysplasie de la hanche, la dysplasie du coude ainsi que la luxation de la rotule. Cependant il est faux de penser que ces affections sont des maladies héréditaires à 100% qui pourraient être complètement supprimées uniquement par un élevage très sélectif. Cette sélection réduit de façon notable l’incidence de telles affections mais ne l’élimine pas et d’autres facteurs, tels que l’alimentation durant le jeune âge et l’exercice, influencent également le risque d’apparition de ces problèmes.

 

Les besoins des jeunes chiens diffèrent de ceux de l’adulte aussi bien quantitativement que qualitativement. C’est pourquoi il existe des régimes alimentaires (sec ou humide) de croissance, certaines marques ayant même élaboré un régime  de croissance spécifique pour les chiens de grandes races. En effet, en début de vie la croissance est très rapide et la plupart des races atteignent  la moitié de leur poids adulte vers l’âge de 6 mois. Les grandes races mettront par-contre plus de temps que les petites pour finir leur croissance et atteindre leur taille maximale. Le régime alimentaire est donc très important pour déterminer le taux de croissance de son chiot.

 

Quelles sont les erreurs alimentaires à éviter ?

·        un apport en énergie trop important ou au contraire trop faible.

·        un excès, éventuellement une carence, en minéraux et vitamines.

 

La consommation excessive d’énergie conduit à un décalage entre la croissance corporelle et la croissance du squelette. Une croissance corporelle trop rapide n’influencera pas significativement la taille du chien adulte, par contre elle entrainera une surcharge sur le squelette avec des pressions excessives sur les articulations et les os, conduisant à des lésions irréversibles de ces tissus ainsi qu’à des déformations. L’excès de calcium alimentaire est le second facteur le plus important pouvant modifier le processus d’ossification normal du squelette. Ceci est lié à des perturbations dans l’absorption intestinale d’autres éléments comme le phosphore, le magnésium ou encore le zinc.

 

Une carence en énergie et de certains minéraux et vitamines pourra provoquer un retard de croissance, un mauvais développement musculaire et osseux ainsi qu’une moins bonne résistance immunitaire.

 

Quelle quantité d’aliment doit-on donc distribuer à son chien pour subvenir à ses besoins ?

Une formule spécifique permet d’y arriver. Elle permet de calculer le besoin énergétique (en kcalories) nécessaire sur la journée en tenant compte, d’une part du poids du chiot ainsi que de son stade de développement, de l’autre de la composition de la diète (en fonction de sa teneur en énergie par 100g).

Cette quantité calculée sera fournie en quatre repas au minimum par jour dans le jeune âge afin de faciliter la digestion et l’absorption de tous les nutriments, puis on abaissera progressivement la fréquence des repas pour arriver à deux repas par jour dès que le chiot à atteint la moitié de son poids adulte idéal. Il n’est pas recommandé de laisser les chiots manger à volonté car ils auront tendance à se suralimenter et donc à devenir obèse. Il a été démontré qu’une corrélation existe entre le pourcentage de tissu adipeux (graisse)  corporel et le fréquence d’apparition d’une dysplasie.

Le contrôle de la prise de poids se fera simplement en pesant son animal régulièrement et en adaptant à ce moment les quantités administrées.

 

Qu’en est-il de l’exercice physique ?

Il a été démontré que le risque d’apparition d’une dysplasie est plus grand chez des chiens dont les articulations (hanches, coudes) ont été soumises à un effort important au stade juvénil. On doit donc favoriser des exercices modérés pour promouvoir le développement de la masse et de la force musculaire. Ceci pourra se faire par des promenades en laisse, la natation… mais en évitant les activités physiques intensives comme la course ou le saut et ceci pendant les six premiers mois de vie.

 

 

En résumé, quels sont les points fondamentaux à respecter pour permettre ce développement que l’on aimerait harmonieux du chiot ?

·        une alimentation adaptée à sa race et à son âge

·        pas d’alimentation « à volonté » favorisant une croissance trop rapide et un risque d’excès pondéral

·        un exercice modéré adapté au stade de développement

·         un suivi vétérinaire permettant une correction rapide d’éventuelles erreurs ou un diagnostic précoce de problèmes locomoteurs ainsi que des conseils sur le choix de l’alimentation, l’importance de la vermifugation des chiots…

 

Néanmoins, ces maladies étant plurifactorielles, il est fort possible que tous les facteurs responsables n’aient pas encore été identifiés.