Comment
veiller au bon développement de son chien ?
Les divers contrôles de sélection effectués par
les éleveurs visent à éliminer du patrimoine génétique les tares pouvant avoir
un caractère héréditaire, certaines étant plus spécifiques à certaines races.
Mais une fois que le chiot est né, il ne sera plus possible d’agir sur la
génétique. Son bon développement reposera alors sur deux entités
principales :
- le développement psychique et comportemental,
- le développement physique.
Nous ne traiterons ici que de la première
entité.
Les animaux ne viennent pas au monde en
possédant déjà toutes leurs caractéristiques comportementales mais ils doivent
découvrir leur environnement et apprendre les comportements qui leur
permettront d’y vivre dans les meilleures conditions. On estime que le
comportement de l’animal dépend seulement pour un quart de son hérédité et pour
trois quart des apprentissages qu’il va faire.
Le développement comportemental se fait
parallèlement à celui du système nerveux et
peut être divisé en 4 stades :
1.
néo-natal, première et seconde semaines de vie
2.
transitoire, troisième semaine
3.
socialisation, quatrième à la douzième semaine
4.
juvénile, jusqu’à la puberté.
Les chiots naissant avec un faible
développement neurologique, les
comportements observés dans la phase néo-natale sont à mettre en relation
essentiellement avec l’alimentation, la thermorégulation et le sommeil. Le
chiot est complètement dépendant de sa mère.
Le stade transitoire correspond à une période
d’évolution rapide conduisant à une certaine indépendance du chiot vis à vis de
sa mère par le développement des organes des sens (vison et audition
principalement) lui permettant de mieux réagir à son environnement. A ce stade
débute l’élimination volontaire d’urine et de selles.
Pendant la période de socialisation le chiot va
apprendre à reconnaître son espèce ainsi que les autres espèces qui l’entoure,
il va devoir se familiariser avec son environnement et va devoir apprendre à
gérer ses réactions en fonction des situations auxquelles il se trouve
confronté, en bref il va acquérir son identité propre. Le rythme de sa journée
ne sera plus dominée par le sommeil mais au contraire par le jeu et
l’expérience de la domination ou de la subordination conduit à la mise en place
d’une hiérarchie sociale nécessaire. Si cet apprentissage est mal fait, il
pourra être extrèmement difficile à le récupérer par la suite.
La phase juvénile voit les capacités motrices
s’améliorer grâce à une force physique et un exercice accrus. Les chiots
acquièrent alors des comportements adaptés a chaque situation.
Le meilleur développement se fera donc si l’on
place le jeune chiot dans un environnement comparable à celui qu’il aura
lorsqu’il sera adulte. Il devra être régulièrement manipulé et exposé à des
stimuli des plus variés (divers bruits, marche dans la foule, déplacements en
voiture, bus, train, rencontres avec d’autres animaux, contacts avec des
personnes….). Il faudra régulièrement contrôler sa capacité d’inhibition de la
morsure ainsi que sa capacité de soumission ou d’apaisement dans des situations
conflictuelles.
D’après le Dr J. Dehasse , vétérinaire
éthologue, « le chiot doit rester avec sa mère et la nichée au moins sept
semaines et doit connaître le milieu de vie adulte et les adoptants au plus tard
à 10-12 semaines ».
Ainsi, une partie de la socialisation du chiot
se fera chez l’éleveur et le restant chez son nouveau propriétaire. Un éleveur
soucieux d’une bonne socialisation pour ses chiots fera de son élevage un
milieu ouvert, riche en stimulations des plus variées. A un futur propriétaire,
nous ne pouvons que recommander d’aller voir l’élevage où il envisage acquérir
un chiot et même d’y retourner plusieurs fois avant le moment de la séparation
d’avec sa mère.
Elever un chien est une responsabilité
importante. Ce sujet délicat pourra très bien être abordé avec le vétérinaire
lors de la première visite de contrôle et lors des rappels de vaccinations. Il
y aura ainsi un suivi régulier du développement de l’animal. Une orientation
sur la manière de poursuivre la formation de son nouveau compagnon pourra
également être fournie : classes de jeux, cours d’éducation, groupes de
travail…
Si tous ces points pouvaient être respectés,
peut-être n’aurions nous plus de polémique sur « les chiens
dangereux » !