La reproduction chez la chienne
Faire reproduire sa chienne n’est pas toujours aussi facile
que l’on pourrait le penser et cela pourra devenir encore plus difficile au
sein d’un élevage. Malgré de bonnes connaissances, une bonne observation et de
la patience, les échecs pourront être fréquents et il faudra essayer d’en
comprendre les raisons. C’est pourquoi nous allons essayer de rappeler quelques
points qui nous paraissent importants.
Avant toute tentative de saillie il faudra s’assurer, par un
contrôle vétérinaire, que la chienne ne présente aucun symptôme pathologique
tel que vulvite ou vaginite par exemple et qu’elle a été correctement vermifugé
et vacciné. Il faudra naturellement également veiller à la provenance de
l’étalon et à son état sanitaire.
Il paraît sage d’attendre l’âge de deux ans pour effectuer
la première saillie ; la chienne sera ainsi plus à même de supporter ce
stress et cette fatigue. Néanmoins, il sera parfois souhaité de la faire porter
plus tôt ; il faudrait alors au moins que la chienne ait finit sa
croissance et qu’elle ait eu deux cycles de chaleurs.
La chienne présente un cycle sexuel que l’on appel
monooestrien, c’est à dire qu’elle aura un à deux cycles ovulatoires par année
séparés par des intervalles de repos sexuel relativement longs. Pendant le cycle sexuel qui dure une
vingtaine de jours il n’y a qu’un très court moment où la chienne est
fécondable. Des études montrent que la majorité des cas d’infertilité (chienne
restée vide après saillie) sont dûs à un mauvais choix du moment de la saillie.
Statistiquement c’est entre le 9e et le 14e jour des
chaleurs que la chienne a le plus de chance d’être fécondée. Cependant, si l’on
ne tente une saillie que durant cette période il faudra alors compter avec un
taux d’échec relativement important (environ 20% d’après le Dr C. Dumon). Ceci est lié principalement à diverses
raisons :
- Certaines
chiennes peuvent avoir des ovulations très précoces (4e-5e
jour des chaleurs) ou au contraire très tardives (18e-19e
jour des chaleurs) .
- Le
calcul de la date de saillie basé uniquement sur le début de l’apparition
des symptômes de chaleurs est aléatoire puisque ceux-ci peuvent être très
discrets et passer inaperçus les premiers jours .
- Les
ovules fécondables dans les voies génitales femelles ne le seront que
pendant deux jours .
- Les
spermatozoïdes du mâle ne resteront fécondables dans les voies génitales
femelles que pendant 5 jours en moyenne .
- Il
peut y avoir discordance entre l’acceptation du mâle par la femelle et la
période de fécondabilité.
Comment peut-on donc augmenter les chances de
réussite ?
- Si
l’étalon est à disposition, on peut tenter des mises en présence avec la
femelle tous les deux à trois jours, avec le risque que la lice refuse
finalement le mâle au moment où elle serait fécondable.
- Le
vétérinaire peut effectuer des frottis vaginaux régulièrement (env. tous
les deux jours depuis le troisième jour des chaleurs). Les modifications
cellulaires observées au microscope permettront d’approcher le meilleur
moment de saillie, mais cette méthode est contraignante et que
relativement fiable.
- Une
méthode plus récente et encore plus précise consiste à mesurer dans le
sang le taux d’une hormone (la progestérone) qui augmente au moment de
l’ovulation. Ces mesures seront effectuées dès les premiers changements
observés sur les frottis et répétés tous les deux jours si nécessaire.
La confirmation définitive de la gestation est difficile à
établir précocement avec sûreté. Elle pourra se faire sur la base:
- des
modifications physiques de la chienne. Le développement des mamelles
devient visible vers le 35e jour de gestation ainsi que
l’augmentation du volume abdominal. La prise de poids dépend quant à elle
de la taille de la portée et du physique de la lice. Le changement de
comportement est très variable. En résumé, aucun de ces signes ne sont
spécifiques ;
- de
la palpation abdominale par le vétérinaire. Le diagnostic peut-être établi
vers la troisième à quatrième semaine de gestation. Cependant, il sera
rendu difficile chez les animaux de grandes tailles, obèses ou
contractés ;
- d’une
échographie. Le diagnostic sera possible à partir de la troisième semaine
de gestation. Il sera par-contre rendu plus difficile chez les chiennes de
grandes races obèses ;
- d’une
radiographie. Cette technique n’est utilisable que vers le 45e
jour de gestation, moment où l’ossification des fœtus devient
visible ;
- d’une
détermination hormonale. Cette nouvelle méthode permet de mesurer dans le
sang de la future mère une hormone synthétisée et sécrétée au niveau du
placenta, ceci à partir de la troisième semaine de gestation.