Lorsque
l'on voyage avec son animal de compagnie, une question se pose régulièrement:
"que puis-je faire afin de réduire le risque que mon chien
n'attrape une maladie infectieuse ?".
Le
but de cet article est de passer succintement en
revue les maladies que nos animaux sont susceptibles de rencontrer, d'évoquer
quelques unes peut-être moins bien connues et d'envisager certaines
possibilités prophylactiques.
#
Dans cette première partie sont présentées les maladies contre lesquelles on
procède
d'habitude à une
vaccination régulière, ceci même si l'on ne voyage pas à l'étranger.
La
rage est une anthropozoonose virale se transmettant par la salive des
animaux enragés et qui se caractérise par une atteinte du système nerveux
(encéphalomyélite) évoluant vers la mort en 2 à 10 jours. La Suisse étant
actuellement reconnue indemne de rage, la vaccination antirabique n'est plus
obligatoire (depuis le 1.4.1999) pour les chiens ne sortant pas du pays, mais
elle reste néanmoins vivement recommandée. Une vaccination annuelle est
toujours indispensable pour les chiens traversant les frontières.
La
maladie de Carré
(C) est une maladie virale grave qui peut se caractériser cliniquement aussi
bien par des symptômes respiratoires, digestifs que nerveux. La vaccination
(CHLP) assure normalement une bonne protection immunitaire.
L'hépatite
contagieuse (H)
est une maladie d'origine virale se traduisant par de la fièvre accompagnée
d'une inflammation digestive (gastro-entérite, hépatite) et d'une inflammation
des ganglions. Cette affection semble plus fréquente dans les pays du nord de
l'Europe. La vaccination s'effectue généralement en association avec d'autres
valences (CHLP).
La
leptospirose
(L) est une maladie contagieuse commune à l'homme et à de très nombreuses
espèces animales (dont les petits rongeurs entre autre), due à la présence de
bactéries dans le sang. Elle se traduit par une inflammation digestive grave
(gastro-entérite hémorragique), une atteinte du foie (ictère), une atteinte
aiguë des reins (insuffisance rénale) et une atteinte du muscle cardiaque. Une
vaccination (CHLP) annuelle, voire bi-annuelle, est
indispensable. Une mesure prophylactique consiste à éviter que le chien ne se
baigne dans des mares ou étangs d'eau stagnante où ce germe risque de se
développer plus facilement, ainsi qu'à mettre en place un bon programme
d'élimination des petits rongeurs chez soi.
La
parvovirose (P) est une maladie virale contagieuse provoquant
une gastro-entérite hémorragique grave. Cette maladie est plus fréquente chez
les jeunes chiens. La mise à disposition récente de nouvelles générations de
vaccins permet d'assurer précocement une protection valable contre cette
maladie. La vaccination sera souvent réalisée en association avec d'autres
maladies (CHLP).
La
toux de chenils
(Tx) est due à l'action combinée de plusieurs germes
(virus et bactérie), provoquant une inflammation des voies respiratoires
supérieures avec toux, pouvant se compliquer en trachéo-bronchite ou pneumonie.
Elle doit son nom au fait que la maladie se propage de préférence - mais non
exclusivement - dans des lieux où se trouve rassemblé un nombre important de
chiens (par exemple chenils ou expositions). La vaccination, comportant les
fractions virales et bactérienne de cette maladie, doit être réalisée séparément
(Tx).
#
Dans cette seconde partie sont évoquées certaines maladies d'apparition plus
fréquente
lors de séjour à
l'étranger ainsi que leur prophylaxie.
La
piroplasmose
est appelée également babésiose, du nom du parasite
sanguin responsable de cette maladie. Il s'agit d'un micro-organisme transmis
lors de morsure par certaines espèces de tiques et qui se multiplie dans les
globules rouges, provoquant leur destruction. Les premiers symptômes observés
seront un abattement important avec forte fièvre. Le chien est anémique et son
état général peut se détériorer
rapidement. Mais il existe aussi des formes plus chroniques de cette maladie.
Les conséquences pourront être une atteinte du foie (hépatite), des reins
(insuffisance rénale) ainsi que des troubles hémorragiques. Un traitement doit
être entrepris rapidement afin d'éviter d'éventuelles séquelles organiques.
Il
existe une possibilité de vacciner son chien afin de lui conférer une certaine
immunité contre cette maladie. Le moment le plus propice pour procéder à la
vaccination étant les périodes où les tiques ne sont normalement pas présentes
dans l'environnement, soit décembre - janvier et juillet - août. Le rappel
vaccinal sera annuel, voir bi-annuel si le chien se
trouve souvent dans une région à haut risque. Il est à noter que la vaccination
n'empêchera pas que votre chien se fasse mordre par des tiques et que celles-ci
transmettent alors leurs parasites. Il est donc également fortement recommandé
de protéger son chien par l'utilisation d'antiparasitaires efficaces ainsi que
de le contrôler au retour de promenade et de retirer entièrement les tiques le plus rapidement possible. La présence des
tiques diminue à partir de l'altitude de 800 mètres et, normalement, est quasiement nulle au delà de 1500 mètres. Le bassin
méditerranéen a été la première région où la maladie s'est installée.
Actuellement en France, on enregistre des cas également dans le Sud-Ouest, dans la région Rhône-Alpes, en région
parisienne, en Normandie ou dans l'Est. En Suisse, des foyers ont été mis en
évidence dans les régions de nos lacs et le long du Jura.
La
borréliose est
appelée également maladie de Lyme. Il s'agit d'une
bactérie de type spirochète (Borrélia burgdorferi) transmise par les tiques. Elle est responsable
de la maladie la plus fréquemment transmise par morsure de tique chez l'homme;
son importance est plus limitée chez le chien. Des cas ont été notés en Europe
(Espagne, France, Grande-Bretagne) mais elle est nettement plus fréquente aux
USA. Il n'y a pas de transmission directe du chien à l'homme, néanmoins le
chien représente un risque non négligeable d'apport de tiques contaminées dans
l'environnement. La manifestation la plus commune de la maladie chez le chien
est une inflammation articulaire (arthrite)
intermittente mais récurrente, souvent localisée à une seule articulation, mais
pouvant passer d'un membre à un autre. On peut également observer en phase
aiguë de la température, une perte d'appétit et de la léthargie.
La
meilleure prévention consiste à éviter ou limiter le parasitisme par les
tiques.
L'ehrlichiose est due à un micro-organisme de type Ehrlichia,
transmis lors de morsure par une certaine sorte de tique, et qui s'attaque
aux globules blancs ainsi qu'aux
plaquettes sanguines. On trouve cette maladie dans de nombreux pays du sud de
l'Europe, en Afrique, en Asie ainsi qu'aux USA. Les symptômes sont peu
spécifiques avec, en phase aiguë, de la température, une baisse d'appétit, de
l'adynamie, un écoulement nasal et oculaire. En phase chronique ceux-ci
pourront rester peu marqués (amaigrissement) ou devenir plus sévères avec des
hémorragies au niveau de divers organes.
La
prévention consiste encore à éviter le parasitisme par les tiques.
L'hépatozoonose est due à un micro-organisme (Hepatozoon
canis) présent dans une certaine sorte de tique et
qui se transmet lorsque le chien se lèche et avale une tique porteuse. Cette
affection se rencontre dans les pays du bassin méditerranéen, en Afrique, en
Asie, au Moyen-Orient ainsi qu'aux USA. Cet organisme parasite les globules
blancs du sang. Les symptômes sont également peu typiques avec fièvre, douleur
généralisée, difficultés pour se déplacer, perte d' appétit
et abattement. La durée de la maladie peut être longue avec parfois des
périodes de rémission.
La
prévention consiste toujours à éviter le parasitisme par les tiques.
La
dirofilariose est causée par un parasite sanguin ("ver du
coeur") transmis par piqûre de certaines sortes de moustiques. Les zones
qui semblent le plus à risque sont la Corse ainsi que le sud-est de la France,
l'Italie (plaine du Pô, Milan), les Canaries, la Floride, les territoires
d'Outre-Mer. Mais cette affection est également présente en Espagne, au
Portugal, dans d'autres pays méditerranéens et d'autres régions des Etats-Unis
ainsi qu'au Canada. Les parasites, se présentant sous forme de larves de vers,
colonisent les vaisseaux sanguins, les poumons et le coeur provoquant
principalement une insuffisance cardiaque ainsi qu'une inflammation pulmonaire.
La transmission se fera dans les périodes où les moustiques sont les plus
nombreux, soit entre mai et octobre dans nos régions. Les chiens devant
séjourner régulièrement et /ou pendant plusieurs jours dans une région à risque
pourront bénéficier d'un traitement prophylactique oral dont les conditions
d'administration particulières devront être définies par un vétérinaire.
La
leishmaniose
est provoquée par un parasite (Leishmania infantum)
transmis par piqûre d'une sorte de moustique (phlébotome). Cet insecte piqueur
s'attaquera de préférence au chien mais il peut également piquer l'homme; un
risque de transmission indirecte du parasite est donc possible. Le foyer
principal se trouve essentiellement autour de la Méditerranée. La période la
plus à risque étant l'été, la nuit. Le temps d'incubation de cette maladie peut
être relativement long (plusieurs mois à années) avant que des symptômes
n'apparaissent. On observera des modifications cutanées souvent localisées au
début dans la région de la tête, de la température, un amaigrissement, de
l'anémie, parfois des saignements du nez et un animal prostré.
La
prophylaxie consistera essentiellement à éviter au maximum les contacts avec
les moustiques.